L’aiguillette
est un legs de la maréchaussée.
Sous l’Ancien Régime, elle marquait le rang tenu par la Gendarmerie au sein des forces armées. Elle rappelle aujourd’hui cette filiation. Dans l’histoire du vêtement militaire, l’aiguillette a toujours tenu une place particulière. Au Moyen-âge, il s’agissait d’une cordelière ferrée qui fermait l’armure. Ce nom fut ensuite attribué au lien qui joignait le haut des écharpes des officiers.
Selon l’une des légendes qui explique son origine, elle serait née d’un geste de bravade d’une troupe flamande placée sous les ordres du duc d’Albe aux Pays-Bas au XVIe siècle. A l’époque, cette unité fut menacée de pendaison si elle ne cessait ses exactions. Par défi, les Flamands accrochèrent une corde et un clou sur leur bras afin de rendre plus aisée l’exécution de la sentence. Par la suite, leur bravoure au combat fut telle que le duc accorda le port de ce signe comme attribut distinctif de la valeur d’une troupe. L’aiguillette devint ainsi progressivement une marque distinctive des troupes montées, puis d’excellence.
Par ordonnance du 1 6 mars 1 720, il est attribué une aiguillette blanche
au personnel de la maréchaussée, corps militaire attaché
à la Maison du roi. Retirée en 1756, rétablie en 1778,
elle sera de nouveau supprimée à la Révolution lorsque
la maréchaussée devient gendarmerie nationale (loi du 16 février
1791). De nombreux personnels continueront pourtant à arborer ce signe.
La loi du 27 mars 1797 la fixe définitivement aux trois couleurs nationales.
Dès lors, l’aiguillette restera le signe distinctif de la gendarmerie.
Tantôt portée à droite tantôt à gauche, de
différentes couleurs selon le grade ou l’époque, le XXe
siècle voit la forme et le positionnement de l’aiguillette se
figer.
De nos jours, l’ensemble des formations de la gendarmerie porte les
aiguillettes à gauche. Elles sont blanches avec ferrets et coulants
or ou argent selon la subdivision, départementale ou mobile. Les brins
sont passés autour du bras et les nattes attachées sur le revers
gauche du col. Sur les tuniques des gardes républicains, les aiguillettes
sont attachées aux quatre premiers boutons de la poitrine. Elles sont
panachées un tiers écarlate et deux tiers or pour les sous-officiers
et entièrement or pour les officiers avec épaulettes à
franges. Cadres et élèves de l’EOGN portent aussi leur
aiguillette de cette façon avec la tenue de tradition.
Sous l’Ancien Régime, signe distinctif de formations attachées
au service des plus hautes autorités, l’aiguillette reste aujourd’hui
un attribut honorifique qui met en valeur les militaires qui la portent.
sources: service historique de la gendarmerie nationale.